test rc
Physique-Chimie · Safi
Chapitre 6
Dipôle RC
Niveau : 2BACSPF · 3ème partie : L’électricité
1Généralités sur les circuits électriques (Rappel)
Dipôle : On appelle dipôle toute composante électrique possédant deux bornes.
Sens du courant électrique : Par convention, le courant électrique circule toujours de la borne positive \((+)\) vers la borne négative \((-)\) à l’extérieur du générateur.
Nature du courant électrique : Dans les métaux, le courant est dû au déplacement des électrons dans le sens contraire du sens conventionnel, c’est-à-dire de la borne \((-)\) vers la borne \((+)\) à l’extérieur du générateur.
Convention récepteur – générateur :
- Dans la convention génératrice, la tension et le courant ont le même sens.
- Dans la convention réceptrice, la tension et le courant ont des sens opposés.
Loi d’Ohm
La loi d’Ohm lie l’intensité \(I\) traversant un conducteur ohmique à la tension \(u_R\) à ses bornes :
\[ u_R = R \times I \]
\(R\) : résistance électrique du conducteur (Ω)
🖼️
Schéma — Loi d’Ohm
Circuit avec conducteur ohmique, conventions de signe
L’oscilloscope
Appareil permettant de visualiser la tension entre les bornes d’un dipôle. On branche la borne d’entrée de courant avec l’entrée Y (borne rouge) et la borne de sortie avec la masse (borne noire).
🖼️
Schéma — Oscilloscope
Branchement de l’oscilloscope sur un dipôle
2Le condensateur
2.1Définition et symbole
Le condensateur est un dipôle électrique composé de deux conducteurs métalliques appelés armatures, séparés par un matériau isolant diélectrique. Son symbole dans le circuit électrique est :
🖼️
Symbole du condensateur
Symbole électrique et schéma des armatures A et B
2.2Charge du condensateur
Activité 1 — Charge et décharge d’un condensateur
On réalise le circuit suivant comportant un condensateur, une diode électroluminescente (DEL), un générateur de tension continue, et un interrupteur K.
On place l’interrupteur K à la position (1) pendant un certain temps, puis on le bascule à la position (2).
Qu’observez-vous ?
🖼️
Schéma — Circuit Activité 1
Condensateur + DEL + générateur + interrupteur K (positions 1 et 2)
Observation
Lorsqu’on bascule l’interrupteur K à la position (2), la diode électroluminescente s’allume pendant un certain temps, ce qui indique qu’un courant électrique transitoire apparaît dans le circuit (2).
D’où vient ce courant électrique ?
Interprétation
Le courant transitoire est dû au déplacement des électrons lorsque le condensateur est branché avec le générateur (position 1) :
- L’armature B (reliée à \(-\)) accumule des électrons → \(q_B < 0\)
- L’armature A (reliée à \(+\)) présente un défaut d’électrons → \(q_A > 0\)
Une tension électrique apparaît entre les armatures : le condensateur se charge.
🖼️
Schéma — Charge des armatures
Armatures A(+) et B(−) avec accumulation de charges
La charge du condensateur (quantité d’électricité emmagasinée) est la charge de l’armature positive, notée \(q\), en Coulomb (C) :
\[ q = q_A = -q_B \]
Remarque : Quand on bascule K en position (2), les électrons de l’armature B retournent à leur position d’origine → courant dans le circuit (2) → allumage de la DEL. Le condensateur se décharge dans la diode.
2.3Relation entre l’intensité de courant et la charge
L’intensité représente le débit des charges électriques, c’est-à-dire la quantité d’électricité reçue par l’armature par unité de temps :
\[ \boxed{i = \frac{dq}{dt}} \]
avec : \(i\) en ampère (A) ; \(q = q_A\) en coulomb (C)
Remarque : Pour une intensité constante : \(\displaystyle I = \frac{q}{\Delta t}\)
2.4Relation entre la charge et la tension aux bornes
Activité 2 — Capacité du condensateur
On réalise le montage de la figure 1 composé d’un générateur de courant idéal et un condensateur reliés en série. Le générateur délivre un courant d’intensité \(I_0 = 1\ \mathrm{mA}\). On ferme l’interrupteur K et on suit l’évolution de \(u_C\) en fonction du temps.
Le condensateur porte les informations : (1000 μF, 100 V).
🖼️
Figure 1 — Montage
Générateur de courant idéal \(I_0\) + condensateur C + interrupteur K
🖼️
Figure 2 — Courbe \(u_C = f(t)\)
Variation linéaire de \(u_C\) en fonction du temps (droite de pente k)
❶ Équation de la courbe \(u_C = f(t)\)
La courbe obtenue est une fonction linéaire :
\[ u_C = k \cdot t \]
❷ Expression de la charge \(q\) en fonction de \(I_0\) et \(t\)
Puisque \(I_0\) est constante :
\[ I_0 = \frac{q}{\Delta t} = \frac{q}{t} \quad \Longrightarrow \quad q = I_0 \cdot t \]
❸ Expression de \(q\) en fonction de \(u_C\)
D’après la question 1 : \(t = \dfrac{u_C}{k}\). En remplaçant dans l’expression de \(q\) :
\[ q = \frac{I_0}{k} \cdot u_C \]
On pose \(C = \dfrac{I_0}{k}\), d’où \(q = C \cdot u_C\). On appelle \(C\) la capacité du condensateur (Farad, F).
Calcul numérique :
\[ k = \frac{\Delta u_C}{\Delta t} = \frac{20 – 0}{20 – 0} = 1\ \mathrm{V\,s^{-1}} \quad \Longrightarrow \quad C = \frac{I_0}{k} = \frac{10^{-3}}{1} = 10^{-3}\ \mathrm{F} = 1000\ \mu\mathrm{F} \]
Conclusion
La charge aux bornes d’un condensateur est proportionnelle à la tension \(u_C\) :
\[ \boxed{q = C \cdot u_C} \]
\(q\) : charge (C) ; \(C\) : capacité (F) ; \(u_C\) : tension aux bornes (V)
Remarque — Sous-multiples du Farad :
\(1\ \mathrm{mF}\)
\(= 10^{-3}\ \mathrm{F}\)
\(1\ \mu\mathrm{F}\)
\(= 10^{-6}\ \mathrm{F}\)
\(1\ \mathrm{nF}\)
\(= 10^{-9}\ \mathrm{F}\)
\(1\ \mathrm{pF}\)
\(= 10^{-12}\ \mathrm{F}\)
2.5Relation entre l’intensité \(i\) et la tension \(u_C\)
On a \(i = \dfrac{dq}{dt}\) et \(q = C\,u_C\), donc \(i = \dfrac{d(C\,u_C)}{dt}\). D’où :
\[ \boxed{i = C\,\frac{du_C}{dt}} \]
3Association des condensateurs
❸.1 — Association en série
On considère deux condensateurs \(C_1\) et \(C_2\) branchés en série.
Même courant → même charge : \(q = q_1 = q_2\)
Loi d’additivité des tensions : \(u_{AB} = u_{AD} + u_{DB}\)
Avec \(u_{AB} = \dfrac{q}{C}\), \(u_{AD} = \dfrac{q_1}{C_1}\), \(u_{DB} = \dfrac{q_2}{C_2}\) :
\[ \frac{q}{C} = \frac{q_1}{C_1} + \frac{q_2}{C_2} = q\!\left(\frac{1}{C_1}+\frac{1}{C_2}\right) \] \[ \boxed{\frac{1}{C} = \frac{1}{C_1} + \frac{1}{C_2} + \cdots + \frac{1}{C_N}} \]
🖼️
Schéma — Série
Deux condensateurs \(C_1\) et \(C_2\) en série avec capacité équivalente
Remarque : L’association en série donne une capacité équivalente plus petite que chaque capacité individuelle.
❸.2 — Association en parallèle
On considère deux condensateurs \(C_1\) et \(C_2\) branchés en parallèle.
Loi des nœuds : \(i = i_1 + i_2\)
\[ \frac{dq}{dt} = \frac{dq_1}{dt}+\frac{dq_2}{dt} \;\Rightarrow\; q = q_1 + q_2 \]
Avec \(q_1 = C_1 u_{AB}\), \(q_2 = C_2 u_{AB}\), \(q = C\,u_{AB}\) :
\[ C\,u_{AB} = (C_1 + C_2)\,u_{AB} \] \[ \boxed{C = C_1 + C_2 + \cdots + C_N} \]
🖼️
Schéma — Parallèle
Deux condensateurs \(C_1\) et \(C_2\) en parallèle avec capacité équivalente
Remarque : L’association en parallèle donne une capacité équivalente plus grande que chaque capacité individuelle.
4Réponse d’un dipôle RC à un échelon de tension
4.1Définitions
Dipôle RC
Association en série d’un condensateur de capacité \(C\) et d’un conducteur ohmique de résistance \(R\).
🖼️
Schéma — Dipôle RC
Circuit RC série avec générateur E et interrupteur K
| Échelon montant (Charge) | Échelon descendant (Décharge) |
|---|---|
| 🖼️Courbe — Échelon montantInterrupteur ouvert → position ① | 🖼️Courbe — Échelon descendantInterrupteur position ① → position ② |
❹.2 — Réponse à un échelon montant (Charge du condensateur)
● Équation différentielle vérifiée par \(u_C\)
À \(t = 0\), on ferme K en position 1. Condensateur initialement déchargé : \(u_C(t=0) = 0\).
D’après la loi d’additivité des tensions :
\[ u_R + u_C = E \]
D’après la loi d’Ohm : \(u_R = R \cdot i\)
Or \(i = \dfrac{dq}{dt}\) et \(q = C\,u_C\), donc \(i = C\dfrac{du_C}{dt}\), d’où \(u_R = RC\dfrac{du_C}{dt}\)
En substituant dans la loi des tensions :
\[ \boxed{RC\,\frac{du_C}{dt} + u_C = E} \]
🖼️
Schéma — Circuit charge
Circuit RC, K en position 1, tensions \(u_R\) et \(u_C\)
Remarque : En termes de charge \(q\) (\(u_C = q/C\), \(u_R = R\,dq/dt\)) :
\[ RC\,\frac{dq}{dt} + q = CE \]
● Solution de l’équation différentielle
La solution générale est de la forme :
\[ u_C(t) = A + B\,e^{-t/\tau} \]
A, B et τ sont des constantes à déterminer.
Détermination de A et τ par identification :
On a \(\dfrac{du_C}{dt} = -\dfrac{B}{\tau}\,e^{-t/\tau}\). En substituant dans l’équation différentielle :
\[ RC\!\left(-\frac{B}{\tau}\right)e^{-t/\tau} + A + B\,e^{-t/\tau} = E \] \[ B\,e^{-t/\tau}\!\left(1 – \frac{RC}{\tau}\right) = E – A \]
Pour que l’équation soit vérifiée pour tout \(t\) :
\[ 1 – \frac{RC}{\tau} = 0 \;\Rightarrow\; \tau = RC \qquad \text{et} \qquad E – A = 0 \;\Rightarrow\; A = E \]
Détermination de B par les conditions initiales :
À \(t = 0\), \(u_C(0) = 0\) :
\[ A + B\,e^{0} = 0 \;\Rightarrow\; A + B = 0 \;\Rightarrow\; B = -A = -E \]
Finalement :
Tension \(u_C(t)\)
\[ \boxed{u_C(t) = E\!\left(1 – e^{-t/\tau}\right)} \]
Charge \(q(t)\)
\[ q = C\,u_C \] \[ q(t) = CE\!\left(1 – e^{-t/\tau}\right) \]
Intensité \(i(t)\)
\[ i = C\frac{du_C}{dt} = CE\cdot\frac{1}{\tau}\,e^{-t/\tau} \] \[ \boxed{i(t) = \frac{E}{R}\,e^{-t/\tau}} \]
Courbes \(u_C(t)\) et \(i(t)\) — Charge
🖼️
Graphe — Charge du condensateur
Courbe \(u_C(t)\) croissante vers E et \(i(t)\) décroissante
❹.3 — Réponse à un échelon descendant (Décharge du condensateur)
● Équation différentielle vérifiée par \(u_C\)
À \(t = 0\), on bascule K en position 2. Condensateur initialement chargé : \(u_C(t=0) = E\).
D’après la loi d’additivité des tensions :
\[ u_R + u_C = 0 \]
Avec \(u_R = RC\dfrac{du_C}{dt}\), on obtient :
\[ \boxed{RC\,\frac{du_C}{dt} + u_C = 0} \]
🖼️
Schéma — Circuit décharge
Circuit RC, K en position 2, sens du courant de décharge
Remarque : En termes de charge \(q\) :
\[ RC\,\frac{dq}{dt} + q = 0 \]
● Solution de l’équation différentielle
La solution générale est :
\[ u_C(t) = A\,e^{-t/\tau} \]
Détermination de τ par identification :
\[ RC\!\left(-\frac{A}{\tau}\right)e^{-t/\tau} + A\,e^{-t/\tau} = 0 \;\Rightarrow\; A\,e^{-t/\tau}\!\left(1-\frac{RC}{\tau}\right)=0 \] \[ \Rightarrow\; \tau = RC \]
Détermination de A par les conditions initiales :
À \(t = 0\), \(u_C(0) = E\) :
\[ A\,e^{0} = E \;\Rightarrow\; A = E \]
Finalement :
Tension \(u_C(t)\)
\[ \boxed{u_C(t) = E\,e^{-t/\tau}} \]
Charge \(q(t)\)
\[ q = C\,u_C \] \[ q(t) = CE\,e^{-t/\tau} \]
Intensité \(i(t)\)
\[ i = C\frac{du_C}{dt} = -CE\cdot\frac{1}{\tau}\,e^{-t/\tau} \] \[ \boxed{i(t) = -\frac{E}{R}\,e^{-t/\tau}} \]
Courbes \(u_C(t)\) et \(i(t)\) — Décharge
🖼️
Graphe — Décharge du condensateur
Courbe \(u_C(t)\) décroissante vers 0 et \(i(t)\) négative
4.4Constante de temps \(\tau\)
Définition
La constante de temps d’un dipôle RC est :
\[ \tau = RC \]
Analyse dimensionnelle
Pour le conducteur ohmique : \(u_R = Ri \Rightarrow R = \dfrac{U}{I}\)
Pour le condensateur : \(i = C\dfrac{du_C}{dt} \Rightarrow C = \dfrac{i \cdot t}{u_C} = \dfrac{I \cdot T}{U}\)
\[ [\tau] = [RC] = \frac{U}{I} \times \frac{I \cdot T}{U} = T \]
La constante de temps \(\tau\) a la dimension d’un temps et s’exprime en secondes (s).
Détermination graphique de \(\tau\)
Pendant la charge — \(u_C(t) = E(1-e^{-t/\tau})\)
Méthode 1 : À \(t = \tau\) :
\[ u_C(\tau) = E(1 – e^{-1}) \approx 0{,}63\,E \]
\(\tau\) est l’abscisse correspondant à l’ordonnée \(0{,}63\,E\).
Méthode 2 : \(\tau\) est l’abscisse du point d’intersection de la tangente à la courbe en \(t = 0\) avec la droite horizontale \(u_C = E\).
🖼️
Graphe — Méthodes charge
Courbe de charge avec tangente en t=0 et point à 0,63E
Pendant la décharge — \(u_C(t) = E\,e^{-t/\tau}\)
Méthode 1 : À \(t = \tau\) :
\[ u_C(\tau) = E\,e^{-1} \approx 0{,}37\,E \]
\(\tau\) est l’abscisse correspondant à l’ordonnée \(0{,}37\,E\).
Méthode 2 : \(\tau\) est l’abscisse du point d’intersection de la tangente à la courbe en \(t = 0\) avec l’axe des temps.
🖼️
Graphe — Méthodes décharge
Courbe de décharge avec tangente en t=0 et point à 0,37E
Remarque : La durée du régime transitoire (charge ou décharge) est : \(\Delta t \approx 5\tau\)
5Énergie emmagasinée dans un condensateur
La puissance électrique reçue par le condensateur est :
\[ P_e = u_C \cdot i = C\,u_C\,\frac{du_C}{dt} = \frac{d}{dt}\!\left(\frac{1}{2}\,C\,u_C^2\right) \]
Et puisque \(P_e = \dfrac{dE_e}{dt}\), on obtient l’énergie emmagasinée :
\[ \boxed{E_e = \frac{1}{2}\,C\,u_C^2} \]
\(E_e\) en joule (J) ; \(C\) en farad (F) ; \(u_C\) en volt (V)
Remarque : En utilisant la relation \(q = C\,u_C\), on trouve les formes équivalentes :
\[ E_e = \frac{1}{2}\,q\,u_C \qquad \text{et} \qquad E_e = \frac{q^2}{2C} \]
Chapitre 6 : Dipôle RC2BACSPF
