Cours : Transformations spontanées dans les piles et récupération de l’énergie
Transformations spontanées dans les piles et récupération de l’énergie
1 Transfert spontané des électrons
1.1 Transferts spontanés directs
On verse dans un bécher un volume \(V_1=20\ mL\) de sulfate de cuivre \((Cu^{2+}_{(aq)}+SO_4^{2-}{}_{(aq)})\) de concentration \(C_1=0,1\ mol.L^{-1}\) et un volume \(V_2=20\ mL\) de sulfate de zinc \((Zn^{2+}_{(aq)}+SO_4^{2-}{}_{(aq)})\) de concentration \(C_2=0,1\ mol.L^{-1}\). On plonge dans la solution obtenue une lame de cuivre et une lame de zinc fraîchement décapées.
C’est une réaction d’oxydoréduction car il y a transfert d’électrons entre l’oxydant \(Cu^{2+}_{(aq)}\) et le réducteur \(Zn_{(s)}\).
Puisque \(Q_{r,i} < K\) alors le système évolue spontanément dans le sens direct.
Le cuivre métallique se dépose sur la lame de zinc, ce qui est en accord avec le sens d’évolution spontanée prévu.
Les électrons n’existent pas en solution aqueuse, donc il se produit un transfert spontané et direct d’électrons entre le zinc et les ions cuivre II.
Lorsque les espèces chimiques de deux couples oxydant/réducteur sont mélangées, il y a transfert spontané direct d’électrons entre l’oxydant d’un couple et le réducteur de l’autre couple.
1.2 Transferts spontanés indirects
Dans un bécher, on plonge une plaque en cuivre dans un volume \(V_1=20\ mL\) d’une solution de sulfate de cuivre \((Cu^{2+}_{(aq)}+SO_4^{2-}{}_{(aq)})\) de concentration \(C_1=0,1\ mol.L^{-1}\). Dans un autre bécher, on plonge une plaque en zinc dans un volume \(V_2=20\ mL\) d’une solution de sulfate de zinc \((Zn^{2+}_{(aq)}+SO_4^{2-}{}_{(aq)})\) de concentration \(C_2=0,1\ mol.L^{-1}\). On relie les solutions des deux béchers à l’aide d’un tube en U retourné rempli d’une solution aqueuse gélifiée de chlorure de potassium \((K^+_{(aq)}+Cl^-_{(aq)})\).
On branche, en série entre les deux plaques, une résistance, un ampèremètre et un interrupteur K. On ferme l’interrupteur K, on observe que l’ampèremètre montre qu’un courant traverse le circuit et son intensité est de 0,76 mA.
- Dans les plaques et le conducteur ohmique, les porteurs de charge sont les électrons.
- Dans les solutions aqueuses, les porteurs de charge sont les ions (anions et cations).
L’ampèremètre indique une valeur positive, alors sa borne (COM) est liée au pôle négatif de la pile.
La plaque de cuivre, qui représente le pôle positif de la pile, s’appelle : la cathode.
La plaque de zinc, qui représente le pôle négatif de la pile, s’appelle : l’anode.
On sait que pour l’ampèremètre le courant entre par le pôle positif et sort par le pôle négatif (COM), donc le courant va vers la plaque de zinc.
Les électrons se déplacent en sens inverse du courant, donc de la plaque de zinc vers celle de cuivre.
Dans les solutions :
- Les cations \(Cu^{2+}\), \(Zn^{2+}\) et \(K^+\) se déplacent dans le sens du courant ;
- Les anions \(SO_4^{2-}\) et \(Cl^-\) se déplacent en sens inverse.
- La masse de l’électrode de zinc diminue, elle se consomme ; ceci est dû à l’oxydation du zinc selon la demi-équation : \(Zn_{(s)} \rightleftarrows Zn^{2+}_{(aq)}+2e^-\) : Oxydation anodique
- La masse de l’électrode de cuivre augmente ; ceci est dû à la réduction des ions \(Cu^{2+}_{(aq)}\) en cuivre selon la demi-équation : \(Cu^{2+}_{(aq)}+2e^- \rightleftarrows Cu_{(s)}\) : Réduction cathodique
Il y a eu un transfert d’électrons spontané du zinc métallique vers les ions \(Cu^{2+}_{(aq)}\), mais de façon indirecte par l’intermédiaire du circuit extérieur.
Le pont ionique a deux rôles :
- La fermeture du circuit.
- La migration des ions d’un compartiment vers l’autre en conservant la neutralité électrique.
Puisque \(Q_{r,i} < K\) alors le système évolue spontanément dans le sens direct.
Donc la pile, lorsqu’elle débite, constitue un système hors équilibre.
Un transfert spontané d’électrons peut se produire entre les espèces chimiques de deux couples oxydant/réducteur, que ces deux couples soient mélangés ou séparés par un circuit électrique.
2 Constitution d’une pile électrochimique
On peut réaliser des piles identiques à la pile Daniell. En général une pile est constituée de deux compartiments (demi-pile) :
- Le 1er compartiment est constitué d’une plaque d’un métal \(M_1\) plongée dans une solution contenant les ions métalliques \(M_1^{n_1+}\) de ce métal.
- Le 2ème est constitué d’une plaque d’un autre métal \(M_2\) plongée dans une solution contenant les ions métalliques \(M_2^{n_2+}\) de ce métal.
- D’un pont salin qui relie les deux solutions.
On représente symboliquement la pile par la représentation conventionnelle suivante :
Le pôle négatif de la pile est appelé l’anode et le pôle positif de la pile est appelé la cathode.
Équation globale :
On représente symboliquement la pile Daniell par le schéma conventionnel suivant :
La pile électrochimique convertit l’énergie chimique (résultant d’un transfert spontané d’électrons entre deux couples oxydant–réducteur) en énergie électrique.
3 Force électromotrice d’une pile
Pour mesurer la force électromotrice d’une pile, on branche un voltmètre entre ses électrodes.
Pour déterminer expérimentalement la polarité d’une pile, on branche un voltmètre entre les bornes de la pile.
- Si celui-ci indique une valeur positive, alors sa borne COM est liée au pôle négatif de la pile.
- Et s’il indique une valeur négative, sa borne COM est liée au pôle positif de la pile.
4 Évolution spontanée d’une pile
Au cours du fonctionnement, la pile constitue un système hors équilibre \(Q_{r,i} À l’équilibre : \(Q_r=K\), la pile ne débite pas de courant (pile usée). Connaissant les deux couples d’oxydoréduction qui interviennent dans la pile et la constante d’équilibre, on utilise le critère d’évolution pour trouver le sens de la réaction spontanée qui se produit dans la pile, ce qui permettra de savoir l’électrode à laquelle se produit l’oxydation, qui est l’anode (pôle négatif), et l’autre, la cathode (pôle positif), de la pile. On relie avec un pont salin les deux demi-piles suivantes : Sachant que la constante d’équilibre associée à la réaction suivante : On a : \(Q_{r,i} = \dfrac{[Ag^+]_i^2}{[Cu^{2+}]_i} = 2,5\times10^{-3}\) Puisque \(Q_{r,i} > K\) alors le système évolue spontanément dans le sens inverse. Donc l’équation globale de la réaction qui se produit durant le fonctionnement de la pile est : On décompose l’équation d’oxydoréduction : La quantité d’électricité qui traverse le conducteur liant les deux bornes d’une pile pendant la durée \(\Delta t\) est : D’autre part : \(Q=N\cdot e\) car les porteurs de charge sont les électrons, avec N le nombre d’électrons qui traversent le conducteur pendant le temps \(\Delta t\). Donc : \(N\cdot e = I\cdot\Delta t\), d’où : \(N = \dfrac{I\cdot\Delta t}{e}\) La quantité de matière des électrons correspondante est : avec : \(F = N_A\cdot e \approx 96500\ \mathrm{C.mol^{-1}}\) s’appelle le faraday et \(N_A\) le nombre d’Avogadro. D’où : On considère une pile dont la représentation conventionnelle est : Sachant que la pile débite pendant un temps \(\Delta t = 1,5\ min\) un courant d’intensité \(I=86\ mA\). Données : \(F=96500\ \mathrm{C.mol^{-1}}\) ; \(M_{Ag}=108\ \mathrm{g.mol^{-1}}\) ; \(M_{Cu}=63,5\ \mathrm{g.mol^{-1}}\) À l’anode (oxydation) : \(Cu_{(s)} \rightleftarrows Cu^{2+}_{(aq)}+2e^-\) À la cathode (réduction) : \(Ag^+_{(aq)}+e^- \rightleftarrows Ag_{(s)}\) Donc l’équation globale de la réaction est : Le tableau d’avancement : On a : \(Q=I\cdot\Delta t=n(e^-)\cdot F\) et d’après le T.A : \(n(e^-)=2x\) donc : \(I\cdot\Delta t=2x\cdot F\), d’où : On a : \(m=n\cdot M\) donc \(\Delta m = \Delta n\cdot M\) \(\Delta m_{Ag} = \Delta n_{Ag}\cdot M_{Ag}\) \(\Delta m_{Ag} = (n_i(Ag)+2x-n_i(Ag))\cdot M_{Ag}\) Donc : \(\Delta m_{Ag} = 2x\cdot M_{Ag}\) A.N : \(\Delta m_{Ag} = 8,64\ mg\) D’où la masse de l’électrode d’argent augmente de 8,64 mg pendant la durée \(\Delta t=1,5\ min\). \(\Delta m_{Cu} = \Delta n_{Cu}\cdot M_{Cu}\) \(\Delta m_{Cu} = (n_i(Cu)-x-n_i(Cu))\cdot M_{Cu}\) Donc : \(\Delta m_{Cu} = -x\cdot M_{Cu}\) A.N : \(\Delta m_{Cu} = -2,54\ mg\) D’où la masse de l’électrode de cuivre diminue de 2,54 mg pendant la durée \(\Delta t=1,5\ min\).
5 Quantité d’électricité et bilan de matière
5.1 Quantité d’électricité débitée par une pile
5.2 Bilan de matière
\(2Ag^+_{(aq)} \ +\ Cu_{(s)} \ \longrightarrow\ 2Ag_{(s)} \ +\ Cu^{2+}_{(aq)}\) État Avancement \(n(Ag^+)\) \(n(Cu)\) \(n(Ag)\) ; \(n(Cu^{2+})\) Initial 0 \(n_i(Ag^+)\) \(n_i(Cu)\) \(n_i(Ag)=0\) ; \(n_i(Cu^{2+})\) Intermédiaire x \(n_i(Ag^+)-2x\) \(n_i(Cu)-x\) \(n_i(Ag)+2x\) ; \(n_i(Cu^{2+})+x\) Électrode d’argent
Électrode de cuivre
