chimie
Transformations lentes et transformations rapides
1 Réactions d’oxydo-réductions (Rappel)
1.1 Définitions
- Un oxydant : est une espèce chimique capable de gagner un ou plusieurs électrons au cours d’une transformation chimique.
- Un réducteur : est une espèce chimique capable de perdre un ou plusieurs électrons au cours d’une transformation chimique.
- L’oxydation : est une perte d’un ou plusieurs électrons (c’est la formation de l’oxydant).
- La réduction : est un gain d’un ou plusieurs électrons (c’est la formation du réducteur).
- La réaction d’oxydoréduction : est une réaction chimique dans laquelle un ou plusieurs électrons sont échangés entre un oxydant et un réducteur.
1.2 Couple oxydant / réducteur
Un couple oxydant/réducteur est l’ensemble d’un oxydant et de son réducteur conjugué. Il est noté : \(\mathbf{Ox/Red}\), et caractérisé par une demi-équation électronique :
\(\mathbf{n}\) : étant le nombre des électrons échangés.
- Si l’oxydant est le réactif, la demi-équation électronique s’écrit sous la forme : \(\mathbf{Ox + n\,e^- \rightleftarrows Red}\)
- Si le réducteur est le réactif, la demi-équation électronique s’écrit sous la forme : \(\mathbf{Red \rightleftarrows Ox + n\,e^-}\)
1.3 Méthode d’écriture des demi-équations électroniques
- Écrire l’oxydant à gauche et le réducteur à droite, ou l’inverse, selon qui est le réactif entre les deux.
- Équilibrer tous les atomes autres que l’oxygène \(O\) et l’hydrogène \(H\).
- Équilibrer les atomes \(O\) en ajoutant des molécules d’eau \(H_2O\) (on est en solution aqueuse).
- Équilibrer les atomes \(H\) en ajoutant des protons \(H_{aq}^+\) (on est en milieu acidifié).
- Équilibrer les charges électriques en ajoutant des électrons au voisinage de l’oxydant.
1.4 Équation d’une réaction d’oxydoréduction
Une réaction d’oxydoréduction met en jeu un transfert d’électrons du réducteur \(Red_1\) d’un couple \(\frac{Ox_1}{Red_1}\) vers l’oxydant \(Ox_2\) d’un autre couple \(\frac{Ox_2}{Red_2}\).
1.5 Exercice d’application
-
Écrire l’équation de la réaction entre l’eau oxygénée \(H_2O_{2(aq)}\) et les ions iodures \(I_{(aq)}^-\). On donne les couples intervenants au cours de la transformation : \(H_2O_{2(aq)}/H_2O_{(l)}\) et \(I_{2(aq)}/I_{(aq)}^-\).
-
Écrire en milieu acide l’équation de la réaction entre le diiode \(I_{2(aq)}\) et les ions thiosulfates \(S_2O_{3(aq)}^{2-}\). On donne les couples intervenants au cours de la transformation : \(I_{2(aq)}/I_{(aq)}^-\) et \(S_4O_{6(aq)}^{2-}/S_2O_{3(aq)}^{2-}\).
2 Transformations rapides et transformations lentes
2.1 Transformations rapides
- Verser \(20\ \text{mL}\) de la solution de diiode \(I_{2(aq)}\) dans un bécher ;
- Ajouter \(10\ \text{mL}\) de la solution de thiosulfate de sodium \((2Na_{(aq)}^+ + S_2O_{3(aq)}^{2-})\).
Exploitation :
-
Qu’observez-vous ?
On observe une décoloration rapide de la solution.
-
Écrire l’équation de cette réaction.
Les couples mis en jeu sont : \(I_{2(aq)}/I_{(aq)}^-\) et \(S_4O_{6(aq)}^{2-}/S_2O_{3(aq)}^{2-}\)
\[ I_{2(aq)} + 2e^- \rightleftarrows 2I_{(aq)}^- \]\[ 2S_2O_{3(aq)}^{2-} \rightleftarrows S_4O_{6(aq)}^{2-} + 2e^- \]L’équation bilan :
\[ I_{2(aq)} + 2S_2O_{3(aq)}^{2-} \rightarrow 2I_{(aq)}^- + S_4O_{6(aq)}^{2-} \] -
Cette réaction peut-elle être suivie à l’œil nu ? Cette transformation peut-elle être qualifiée de lente ou de rapide ? Conclure.
Non, cette transformation est rapide.
Conclusion :
Une transformation rapide est une transformation qui se fait en une courte durée de telle façon qu’on ne peut pas suivre son évolution en fonction du temps avec l’œil ou avec les appareils de mesure.
Exemples :
- Les réactions de combustion : combustion de butane.
- La plupart des réactions acido-basiques.
2.2 Transformations lentes
On verse dans un tube à essais une solution d’iodure de potassium \((K_{(aq)}^+ + I_{(aq)}^-)\) puis on lui ajoute un peu d’eau oxygénée \(H_2O_{2(aq)}\) acidifiée avec quelques gouttes d’acide sulfurique.
Exploitation :
-
Qu’observez-vous ? Comment évolue la couleur du mélange lorsque la transformation se déroule ?
On observe qu’il y a formation progressive du diiode \(I_{2(aq)}\) caractérisé par sa coloration brune. On constate que la couleur du mélange réactionnel évolue progressivement du jaune au jaune foncé puis prend une coloration brune qui devient de plus en plus foncée en fonction du temps.
-
Cette transformation observée peut-elle être qualifiée de lente ou de rapide ?
Cette transformation est lente.
-
Écrire l’équation bilan de cette réaction.
Les couples mis en jeu sont : \(H_2O_{2(aq)}/H_2O_{(l)}\) et \(I_{2(aq)}/I_{(aq)}^-\)
\[ 2I_{(aq)}^- \rightleftarrows I_{2(aq)} + 2e^- \]\[ H_2O_{2(aq)} + 2H_{(aq)}^+ + 2e^- \rightleftarrows 2H_2O_{(l)} \]L’équation bilan :
\[ 2I_{(aq)}^- + H_2O_{2(aq)} + 2H_{(aq)}^+ \rightarrow I_{2(aq)} + 2H_2O_{(l)} \]
Conclusion :
Une transformation lente est une transformation qui se fait dans une certaine durée de telle façon qu’on suit son évolution en fonction du temps avec l’œil ou avec les appareils de mesure.
Exemples :
- Les réactions d’oxydoréduction sont souvent lentes, comme l’oxydation du fer.
3 Facteurs cinétiques
3.1 Définition
On appelle facteur cinétique tout paramètre capable d’influer sur la vitesse d’une transformation chimique.
3.2 Influence de la température
Pour mettre en évidence l’influence de la température sur la vitesse de la réaction, on réalise l’expérience suivante : On introduit dans chacun de deux tubes à essais (1) et (2) le même volume d’un mélange d’une solution d’iodure de potassium \((K_{(aq)}^+ + I_{(aq)}^-)\) et l’eau oxygénée \(H_2O_{2(aq)}\) puis on élève la température du 2ème tube.
Exploitation :
Qu’observez-vous ? Conclure.
On observe que la coloration jaune est plus rapide dans le 2ème tube, dont on a élevé la température, que dans le 1er.
- ✒ La température est un facteur cinétique.
- ✒ La vitesse d’évolution d’un système chimique est d’autant plus grande que sa température est plus élevée.
3.3 Influence de la concentration initiale des réactifs
On dispose de deux béchers, on introduit dans chacun d’eux un mélange réactionnel (\(H_2O_{2(aq)}\) + une solution d’iodure de potassium) mais la concentration de la solution d’iodure de potassium dans le 2ème bécher est plus grande que dans le 1er.
Exploitation :
Qu’observez-vous ? Conclure.
On observe que la coloration jaune est plus rapide dans le 2ème tube, dont la concentration est élevée, que dans le 1er.
- ✒ La concentration initiale des réactifs est un facteur cinétique.
- ✒ La vitesse d’évolution d’un système chimique est d’autant plus grande que les concentrations initiales sont plus importantes.
Il existe d’autres facteurs cinétiques comme le catalyseur et la nature du solvant.
3.4 Application des facteurs cinétiques
On peut ralentir ou accélérer une transformation chimique en agissant sur les facteurs cinétiques :
-
On accélère des transformations en augmentant la température du milieu réactionnel.
Exemple : utilisation d’une cocotte-minute pour cuire des aliments.
-
On ralentit ou on bloque des transformations, en diminuant la température ou en diluant le mélange réactionnel.
Exemple : conservation des aliments dans un réfrigérateur.
Suivi temporel d’une transformation chimique – vitesse de réaction
1 Les différentes techniques de suivi temporel d’une transformation
Pour suivre l’évolution temporelle d’une transformation chimique, il faut connaître son avancement \(x\) à chaque instant. Pour cela, nous utilisons des techniques physiques et d’autres chimiques.
1.1 Méthodes physiques
- Conductimétrie : Pour les milieux réactionnels contenant des ions subissant une transformation.
- pH-métrie : Pour les milieux réactionnels contenant des ions oxonium \(H_3O^+\) (ou \(H_{(aq)}^+\)) subissant une transformation.
- Mesure de volume ou de pression lorsqu’un gaz est mis en jeu.
Dans ces techniques, on fait lier la grandeur physique mesurée (\(\sigma\), \(P\), \(V\), \(pH\), …) avec l’avancement de la réaction \(x(t)\), puis on étudie l’évolution temporelle de ce dernier.
1.2 Méthodes chimiques
Le dosage (ou le titrage) : est la méthode chimique la plus utilisée.
2 Vitesse volumique d’une réaction chimique
2.1 Définition
La vitesse volumique d’une réaction correspond à la quantité de matière formée ou disparue par unité de temps et de volume :
- \(V\) : Le volume de la solution en litre (L) ou en (m³).
- \(x\) : L’avancement de la réaction en mole (mol).
- \(t\) : Le temps en seconde (s) ou en minute (min).
- \(\frac{dx}{dt}\) : La dérivée de l’avancement \(x\) par rapport au temps \(t\).
- \(v\) : La vitesse volumique de réaction en (mol·m⁻³·s⁻¹) ou en (mol·L⁻¹·min⁻¹).
2.2 Détermination graphique de la vitesse de réaction à un instant \(t_i\)
Pour déterminer la vitesse volumique \(v\) d’une réaction chimique à un instant \(t_i\) choisi, on utilise la courbe \(x = f(t)\) en suivant les étapes suivantes :
- On trace la tangente à la courbe \(x = f(t)\) à l’instant \(t_i\) choisi.
- On calcule la valeur du rapport \(\frac{dx}{dt}\), qui représente le coefficient directeur de cette tangente :
- On le divise par le volume \(V\) de la solution, on obtient alors la vitesse volumique \(v(t_i)\).
Exemple :
Calculer en unité \(\text{mmol·L}^{-1}\text{·min}^{-1}\), la vitesse volumique de la réaction à l’instant \(t = 4\ \text{min}\). On donne le volume du mélange réactionnel est : \(V = 100\ \text{mL}\).
2.3 Évolution de la vitesse de réaction au cours du temps
En observant la courbe \(x = f(t)\), on voit aisément que la pente des tangentes à la courbe diminue au cours du temps, ça signifie que les coefficients directeurs de ces tangentes diminuent aussi au cours du temps, donc :
Au cours d’une transformation chimique, la vitesse volumique de réaction diminue et tend vers 0 à la fin de cette transformation.
3 Temps de demi-réaction \(t_{1/2}\)
3.1 Définition
On appelle temps de demi-réaction \(t_{1/2}\) la durée nécessaire pour que l’avancement de la réaction \(x\) soit égale à la moitié de sa valeur finale \(x_f\) :
On ne considère jusqu’à maintenant que des transformations totales, l’avancement final \(x_f\) est alors égal à l’avancement maximal \(x_{\max}\) imposé par le réactif limitant, on écrit alors :
3.2 Détermination graphique du temps de demi-réaction \(t_{1/2}\)
On détermine le temps de demi-réaction \(t_{1/2}\) à partir de la courbe \(x = f(t)\) en suivant les étapes suivantes :
- On détermine \(x_{\max}\) par le traçage d’une asymptote horizontale à la courbe \(x = f(t)\).
- On détermine \(x_{\max}/2\) sur la courbe.
- Le temps de demi-réaction \(t_{1/2}\) représente l’abscisse de l’ordonnée \(x_{\max}/2\).
\(t_{1/2} = 3,5\ \text{min}\)
\(x_{\max} = 4,4\ \text{mmol}\)
\(t_{1/2} = 20\ \text{min}\)
4 Suivi de l’évolution temporelle d’une transformation chimique
4.1 Suivi de l’évolution temporelle d’une transformation chimique par le dosage
A l’instant \(t = 0\), on prépare une solution aqueuse (S) en mélangeant un volume \(V_1 = 500\ \text{mL}\) d’une solution d’iodure de potassium \((K_{(aq)}^+ + I_{(aq)}^-)\) de concentration \(C_1 = 0,4\ \text{mol·L}^{-1}\), avec un volume \(V_2 = 500\ \text{mL}\) d’une solution de peroxodisulfate de potassium \((2K_{(aq)}^+ + S_2O_{8(aq)}^{2-})\) de concentration \(C_2 = 0,3\ \text{mol·L}^{-1}\).
Les deux couples \(Ox/Red\) mis en jeu sont : \(I_2/I^-\) et \(S_2O_8^{2-}/SO_4^{2-}\).
-
Écrire les demi-équations d’oxydo-réduction, et déduire l’équation bilan de la réaction.
Pour le couple \(I_2/I^-\) : \(2I_{(aq)}^- \rightleftarrows I_{2(aq)} + 2e^-\)
Pour le couple \(S_2O_8^{2-}/SO_4^{2-}\) : \(S_2O_{8(aq)}^{2-} + 2e^- \rightleftarrows 2SO_4^{2-}\)
Équation bilan : \(2I_{(aq)}^- + S_2O_{8(aq)}^{2-} \rightarrow I_{2(aq)} + 2SO_4^{2-}\)
-
Déterminer les quantités de matière initiales des réactifs \(n_i(I^-)\) et \(n_i(S_2O_8^{2-})\), et déduire leurs concentrations molaires initiales dans le mélange \([I^-]_i\) et \([S_2O_8^{2-}]_i\).
\[ n_i(I^-) = C_1 \cdot V_1 = 0,4 \times 500 \times 10^{-3} = 0,20\ \text{mol} \]\[ n_i(S_2O_8^{2-}) = C_2 \cdot V_2 = 0,3 \times 500 \times 10^{-3} = 0,15\ \text{mol} \]\[ [I^-]_i = \frac{n_i(I^-)}{V_T} = \frac{0,20}{1} = 0,20\ \text{mol·L}^{-1} \]\[ [S_2O_8^{2-}]_i = \frac{n_i(S_2O_8^{2-})}{V_T} = \frac{0,15}{1} = 0,15\ \text{mol·L}^{-1} \] -
Remplir le tableau descriptif d’avancement de la réaction, et déterminer le réactif limitant et l’avancement maximal \(x_{\max}\).
État Avancement \(2I^-_{(aq)}\) \(S_2O_8^{2-}_{(aq)}\) \(I_{2(aq)}\) \(2SO_4^{2-}_{(aq)}\) Initial 0 0,20 0,15 0 0 Intermédiaire \(x\) \(0,20 – 2x\) \(0,15 – x\) \(x\) \(2x\) Final \(x_{\max}\) \(0,20 – 2x_{\max}\) \(0,15 – x_{\max}\) \(x_{\max}\) \(2x_{\max}\) On a : \(x_{\max_1} = \frac{n_i(I^-)}{2} = \frac{0,20}{2} = 0,10\ \text{mol}\) et \(x_{\max_2} = \frac{n_i(S_2O_8^{2-})}{1} = \frac{0,15}{1} = 0,15\ \text{mol}\) donc \(x_{\max_1} < x_{\max_2}\).
D’où \(I^-\) est le réactif limitant et \(x_{\max} = 0,10\ \text{mol}\).
-
En utilisant le tableau d’avancement, montrer que : \(x(t) = [I_2] \cdot V_T\) (avec \(V_T = V_1 + V_2\)).
On a : \([I_2] = \frac{n(I_2)}{V_T}\) et d’après le tableau d’avancement : \(n(I_2) = x\), donc : \([I_2] = \frac{x}{V_T}\).
D’où : \(x(t) = [I_2] \cdot V_T\).
-
Déduire la concentration maximale \([I_2]_{\max}\) de diiode \(I_2\) formée à la fin de la réaction.
\[ [I_2]_{\max} = \frac{x_{\max}}{V_T} = \frac{0,10}{1} = 0,1\ \text{mol·L}^{-1} \] -
Pour suivre l’évolution de cette réaction chimique, on prélève, régulièrement, un volume \(V_0 = 25\ \text{mL}\) de ce mélange, et on lui ajoute approximativement \(100\ \text{mL}\) d’eau très froide et un peu d’empois d’amidon. On dose le diiode \(I_2\) en solution avec une solution de thiosulfate de sodium (\(2Na^+ + S_2O_3^{2-}\)).
A partir des résultats expérimentaux, on a construit la courbe d’évolution ci-contre de la concentration \([I_2]\) en fonction du temps \(t\).
Pourquoi ajoute-t-on de l’eau froide au volume prélevé du mélange ?
On ajoute de l’eau froide pour bloquer la réaction.
Déterminer la valeur du temps de demi-réaction \(t_{1/2}\).
On a : \([I_2] = \frac{x}{V_T}\) donc \([I_2]_{1/2} = \frac{x_{1/2}}{V_T}\), on sait que \(x_{1/2} = \frac{x_{\max}}{2}\), d’où :
\[ [I_2]_{1/2} = \frac{x_{\max}}{2 \cdot V_T} = \frac{[I_2]_{\max}}{2} = 0,05\ \text{mol·L}^{-1} \]Graphiquement : \(t_{1/2} = 9\ \text{min}\).
Calculer la valeur de la vitesse volumique de réaction à \(t_0 = 0\ \text{min}\) et à \(t_1 = 20\ \text{min}\).
\([I_2] = f(t)\)\[ v_{t_i} = \frac{1}{V_T} \left( \frac{dx}{dt} \right)_{t_i} = \frac{1}{V_T} \cdot \frac{d([I_2] \cdot V_T)}{dt} = \frac{V_T}{V_T} \cdot \frac{d[I_2]}{dt} = \left( \frac{d[I_2]}{dt} \right)_{t_i} \]\[ v_0 = \left( \frac{d[I_2]}{dt} \right)_{t_0} = \frac{0,08 – 0}{10 – 0} = 8\ \text{mmol·L}^{-1}\text{·min}^{-1} \]\[ v_1 = \left( \frac{d[I_2]}{dt} \right)_{t_1} = \frac{0,09 – 0,07}{26 – 14} = 1,7\ \text{mmol·L}^{-1}\text{·min}^{-1} \]
4.2 Suivi de l’évolution d’une transformation chimique par la mesure de la pression
Pour étudier la cinétique d’une réaction produisant des gaz, on peut suivre l’évolution de la pression des gaz produits en fonction du temps. L’expérience suivante a pour but de déterminer le temps \(t_{1/2}\) de demi-réaction de la réaction entre le zinc métallique et l’acide chlorhydrique dont l’équation est :
Dans un ballon, on verse un volume \(V_A = 75,0\ \text{mL}\) d’une solution concentrée d’acide chlorhydrique \((H_3O^+ + Cl^-)\) de concentration \(C_A = 0,4\ \text{mol·L}^{-1}\). À l’instant \(t = 0\), on introduit une masse de \(m = 0,5\ \text{g}\) de zinc \(Zn_{(s)}\). Très rapidement, on ferme ce ballon avec un bouchon percé qui permet de relier, par un tuyau, le ballon avec un manomètre. On note, régulièrement, la valeur de la pression indiquée sur le manomètre.
Données :
- La masse molaire du zinc : \(M(Zn) = 65,4\ \text{g·mol}^{-1}\)
- L’équation d’état d’un gaz parfait : \(P V = n R T\), avec \(R = 8,314\ \text{(S.I)}\)
- Le volume du ballon vide : \(V = 1\ \text{L}\) (on néglige le volume du tube connecteur devant celui du ballon)
-
Calculer \(n_i(H_3O^+)\) la quantité de matière initiale des ions oxonium et \(n_i(Zn)\) la quantité de matière initiale de zinc.
\[ n_i(H_3O^+) = C_A \cdot V_A = 0,4 \times 75 \times 10^{-3} = 30 \times 10^{-3}\ \text{mol} \]\[ n_i(Zn) = \frac{m}{M(Zn)} = \frac{0,5}{65,4} = 7,6 \times 10^{-3}\ \text{mol} \] -
Compléter le tableau d’avancement de cette transformation. Déterminer le réactif limitant et \(x_{\max}\).
État Avancement \(Zn_{(s)}\) \(2H_3O^+_{(aq)}\) \(Zn^{2+}_{(aq)}\) \(H_{2(g)}\) \(2H_2O_{(l)}\) Initial 0 7,6 30 0 0 Excès Intermédiaire \(x\) \(7,6 – x\) \(30 – 2x\) \(x\) \(x\) Excès Final \(x_{\max}\) \(7,6 – x_{\max}\) \(30 – 2x_{\max}\) \(x_{\max}\) \(x_{\max}\) Excès On a : \(x_{\max_1} = \frac{n_i(Zn)}{1} = 7,6 \times 10^{-3}\ \text{mol}\) et \(x_{\max_2} = \frac{n_i(H_3O^+)}{2} = 15 \times 10^{-3}\ \text{mol}\) donc \(x_{\max_1} < x_{\max_2}\).
Donc \(Zn\) est le réactif limitant et \(x_{\max} = 7,6 \times 10^{-3}\ \text{mol}\).
-
En appliquant l’équation d’état d’un gaz parfait et en utilisant le tableau d’avancement, trouver l’expression de l’avancement \(x\) à l’instant \(t\) en fonction de \(R\), \(T\), \(V\), et \(\Delta P\). Avec : \(\Delta P = P – P_0\), tel que \(P_0\) est la pression initiale mesurée à l’instant \(t = 0\), et \(P\) est la pression totale mesurée à l’instant \(t\).
D’après la relation des gaz parfaits, on a : \(P(H_2) \cdot V = n(H_2) \cdot R \cdot T\) et d’après le TA : \(n(H_2) = x\).
D’autre part : la pression totale dans la fiole est : \(P = P_0 + P(H_2)\) c-à-d \(P(H_2) = P – P_0 = \Delta P\).
Donc : \(\Delta P \cdot V = x \cdot R \cdot T\)
\[ x = \frac{\Delta P \cdot V}{R \cdot T} \] -
Soit : \(\Delta P_{\max} = P_{\max} – P_0\) la variation de pression maximale (mesurée à la fin de la réaction), et \(x_{\max}\) l’avancement maximal. Montrer que :
\[ x(t) = \frac{x_{\max}}{\Delta P_{\max}} \cdot \Delta P \]On a : \(x(t) = \frac{\Delta P \cdot V}{R \cdot T}\) ① donc \(x_{\max} = \frac{\Delta P_{\max} \cdot V}{R \cdot T}\) ②
\(\frac{①}{②} \Rightarrow \frac{x(t)}{x_{\max}} = \frac{\Delta P}{\Delta P_{\max}}\)
D’où : \(x(t) = \frac{x_{\max}}{\Delta P_{\max}} \cdot \Delta P\)
-
Cette expérience nous a permis de tracer la courbe dans la figure ci-dessous qui représente la variation \(\Delta P\) de la pression à l’intérieur du ballon en fonction du temps \(t\).
Déterminer graphiquement, la valeur du temps de demi-réaction \(t_{1/2}\).
On a : \(x(t) = \frac{x_{\max}}{\Delta P_{\max}} \cdot \Delta P\) donc : \(\Delta P = \Delta P_{\max} \cdot \frac{x(t)}{x_{\max}}\)
\[ \Delta P_{1/2} = \Delta P_{\max} \cdot \frac{x(t_{1/2})}{x_{\max}} = \Delta P_{\max} \cdot \frac{x_{\max}}{2x_{\max}} = \frac{\Delta P_{\max}}{2} = 370\ \text{hPa} \]Graphiquement : \(t_{1/2} = 42\ \text{min}\).
Calculer la valeur de la vitesse volumique de réaction à l’instant \(t = 0\ \text{min}\).
\(\Delta P = f(t)\)\[ v = \frac{1}{V_A} \cdot \frac{dx}{dt} = \frac{1}{V_A} \cdot \frac{d}{dt} \left( \frac{x_{\max}}{\Delta P_{\max}} \cdot \Delta P \right) = \frac{x_{\max}}{V_A \cdot \Delta P_{\max}} \cdot \frac{d(\Delta P)}{dt} \]\[ v = \frac{x_{\max}}{V_A \cdot \Delta P_{\max}} \cdot \frac{\Delta P_2 – \Delta P_1}{t_2 – t_1} \]\[ v = \frac{7,6 \times 10^{-3}}{75 \times 10^{-3} \times 740} \cdot \frac{700 – 0}{60 – 0} \approx 1,6 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}\text{·min}^{-1} \]
4.3 Suivi de l’évolution d’une transformation chimique par la mesure de la conductivité
On se propose d’étudier, par conductimétrie, la cinétique de l’hydrolyse du 2-chloro-2-méthylpropane qui est noté \(R-Cl\).
À la température de 40°C, on plonge dans un bécher contenant eau-acétone de volume \(V = 49\ \text{mL}\), une cellule conductimétrique préalablement étalonnée, puis on y ajoute un volume \(V_{RCl} = 1\ \text{mL}\) de 2-chloro-2-méthylpropane \(RCl\). On déclenche le chronomètre à l’instant où \(R-Cl\) est ajouté dans le mélange et on mesure la conductivité \(\sigma\) de la solution à différentes dates.
La réaction qui a lieu au cours de la transformation étudiée a pour équation :
Données :
- La masse molaire de \(RCl\) : \(M(RCl) = 92,6\ \text{g·mol}^{-1}\)
- La masse volumique de \(R-Cl\) : \(\rho_{RCl} = 0,85\ \text{g·cm}^{-3}\)
- Le volume du mélange réactionnel est : \(V_T = 50\ \text{mL}\)
- La conductivité d’une solution : \(\sigma = \sum \lambda_i [X_i]\)
-
Calculer la quantité de matière \(n_i(RCl)\) initiale de \(RCl\).
\[ n_i(RCl) = \frac{m}{M(RCl)} = \frac{\rho_{RCl} \cdot V_{RCl}}{M(RCl)} \]\[ n_i(RCl) = \frac{0,85 \times 1}{92,6} = 9,18 \times 10^{-3}\ \text{mol} \] -
Compléter le tableau d’avancement suivant et déduire l’avancement maximal \(x_{\max}\).
État Avancement \(R-Cl\) \(2H_2O\) \(ROH\) \(H_3O^+_{(aq)}\) \(Cl^-_{(aq)}\) Initial 0 \(n_i(RCl)\) Excès 0 0 0 Intermédiaire \(x\) \(n_i(RCl) – x\) Excès \(x\) \(x\) \(x\) Final \(x_{\max}\) \(n_i(RCl) – x_{\max}\) Excès \(x_{\max}\) \(x_{\max}\) \(x_{\max}\) Puisque l’eau est en excès, alors \(RCl\) est le réactif limitant, c-à-d : \(n_i(RCl) – x_{\max} = 0\).
Donc : \(x_{\max} = n_i(RCl) = 9,18 \times 10^{-3}\ \text{mol}\).
-
Soit : \(\sigma(t)\) la conductivité du mélange à un instant \(t\), et \(\sigma_f\) la conductivité du mélange à l’état final. Trouver l’expression de la conductivité \(\sigma(t)\) en fonction de l’avancement \(x\), le volume \(V_T\), et les conductivités molaires ioniques \(\lambda_{Cl^-}\) et \(\lambda_{H_3O^+}\).
On a : \(\sigma(t) = \lambda_{Cl^-} \cdot [Cl^-] + \lambda_{H_3O^+} \cdot [H_3O^+]\) et d’après le tableau d’avancement : \([Cl^-] = [H_3O^+] = \frac{x}{V_T}\).
\[ \sigma(t) = (\lambda_{Cl^-} + \lambda_{H_3O^+}) \cdot \frac{x}{V_T} \] -
Déduire l’expression suivante :
\[ x(t) = \frac{x_{\max}}{\sigma_f} \cdot \sigma(t) \]On a : \(\sigma(t) = (\lambda_{Cl^-} + \lambda_{H_3O^+}) \cdot \frac{x}{V_T}\) ① donc : \(\sigma_f = (\lambda_{Cl^-} + \lambda_{H_3O^+}) \cdot \frac{x_{\max}}{V_T}\) ②
\(\frac{①}{②} \Rightarrow \frac{\sigma(t)}{\sigma_f} = \frac{x}{x_{\max}}\)
D’où : \(x(t) = \frac{x_{\max}}{\sigma_f} \cdot \sigma(t)\).
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Déterminer le temps de demi-réaction \(t_{1/2}\).
On a : \(x(t) = \frac{x_{\max}}{\sigma_f} \cdot \sigma(t)\) donc : \(\sigma(t) = \sigma_f \cdot \frac{x(t)}{x_{\max}}\)
\[ \sigma(t_{1/2}) = \sigma_f \cdot \frac{x(t_{1/2})}{x_{\max}} = \sigma_f \cdot \frac{x_{\max}}{2 \cdot x_{\max}} = \frac{\sigma_f}{2} = 4\ \text{mS·cm}^{-1} \]Graphiquement : \(t_{1/2} = 3,5\ \text{min}\).
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Calculer la vitesse volumique de la réaction à l’instant \(t = 10\ \text{min}\).
\[ v = \frac{1}{V_T} \cdot \frac{dx}{dt} = \frac{1}{V_T} \cdot \frac{d}{dt} \left( \frac{x_{\max}}{\sigma_f} \cdot \sigma \right) = \frac{x_{\max}}{V_T \cdot \sigma_f} \cdot \frac{d\sigma}{dt} \]\[ v = \frac{x_{\max}}{V_T \cdot \sigma_f} \cdot \frac{\sigma_2 – \sigma_1}{t_2 – t_1} \]\[ v = \frac{9,18 \times 10^{-3}}{50 \times 10^{-3} \times 8} \cdot \frac{8 – 6}{15 – 5} \approx 4,5 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}\text{·min}^{-1} \]
5 Interprétation microscopique de la réaction chimique
Pour qu’une réaction chimique ait lieu, il faut que les entités chimiques des réactifs subissent des chocs efficaces. Ceci est le cas lorsque l’énergie des entités est suffisante pour rompre leurs liaisons :
L’énergie n’est pas suffisante pour rompre les liaisons \(A-A\) et \(B-B\).
L’énergie est suffisante pour rompre les liaisons \(A-A\) et \(B-B\).
