Atome et mécanique de Newton | Limites classiques – Modèle planétaire
⚛️ Atome et mécanique de Newton
🌍 1.a) Interaction gravitationnelle – Loi de Newton

⚡ 1.b) Interaction électrostatique – Loi de Coulomb
Dans le cas de l’atome d’hydrogène : force entre l’électron (charge \( -e \)) et le noyau (charge \( +e \)) : \[ F = K \cdot \frac{e^2}{r^2} \] (attractive car signes opposés).
- Interaction gravitationnelle électron-proton : \( F_g \approx 3,6 \times 10^{-47} \, \text{N} \)
- Interaction électrostatique électron-proton : \( F_e \approx 8,2 \times 10^{-8} \, \text{N} \)
- \( F_e / F_g \approx 2 \times 10^{39} \) → dans l’atome, l’interaction gravitationnelle est totalement négligeable devant l’interaction électrique.
🪐 2) Le modèle planétaire de l’atome (Rutherford, 1907)
L’électron tourne autour du noyau, maintenu par l’attraction coulombienne (analogue à la gravitation pour les planètes).
⚠️ Limites de la mécanique de Newton – Échec du modèle planétaire
🔴 1. Instabilité des orbites (rayonnement)
🔴 2. Spectres de raies discrets
🔴 3. Non prise en compte du caractère aléatoire / quantique
📋 Comparaison des échelles et interactions
| Interaction | Loi | Portée | Rôle dans l’atome |
|---|---|---|---|
| Gravitationnelle | \( F = G \frac{m_1 m_2}{r^2} \) | infinie | négligeable (10⁻³⁹ × force électrique) |
| Électrostatique | \( F = K \frac{|q_1 q_2|}{r^2} \) | infinie | force liant noyau et électrons |
| Quantique (moderne) | Équation de Schrödinger, principe d’incertitude | atomique | orbitales, niveaux d’énergie discrets |
🧪 Exemple numérique : comparaison des forces dans l’atome d’hydrogène
Données : \( e = 1,6 \times 10^{-19} \, \text{C} \), \( m_e = 9,1 \times 10^{-31} \, \text{kg} \), \( m_p = 1,67 \times 10^{-27} \, \text{kg} \), \( r = 5,3 \times 10^{-11} \, \text{m} \) (rayon de Bohr).
- Force gravitationnelle : \( F_g = G \frac{m_e m_p}{r^2} \approx 6,67 \times 10^{-11} \times \frac{9,1\times10^{-31} \times 1,67\times10^{-27}}{(5,3\times10^{-11})^2} \approx 3,6 \times 10^{-47} \, \text{N} \)
- Force électrostatique : \( F_e = K \frac{e^2}{r^2} \approx 9\times10^9 \times \frac{(1,6\times10^{-19})^2}{(5,3\times10^{-11})^2} \approx 8,2 \times 10^{-8} \, \text{N} \)
- Rapport \( F_e / F_g \approx 2,3 \times 10^{39} \) → la gravitation est complètement négligeable.
📜 Brève synthèse historique
- 1907 : Rutherford propose le modèle planétaire, mais il ne rend pas compte de la stabilité ni des spectres.
- 1913 : Niels Bohr postule des orbites quantifiées (niveaux d’énergie discrets) – premier modèle quantique.
- 1920-1930 : Mécanique ondulatoire (Schrödinger, Heisenberg) : notion d’orbitale, équation de Schrödinger, principe d’incertitude.
- Aujourd’hui : La mécanique quantique décrit avec une grande précision les atomes, molécules et particules.
⚛️ 2) Quantification de l’énergie dans les atomes
📊 Niveaux d’énergie de l’atome
L’état de plus basse énergie est l’état fondamental (le plus stable).
Les niveaux d’énergie supérieurs sont appelés états excités.
📈 Diagramme énergétique de l’atome d’hydrogène
Transition d’un niveau excité vers un niveau inférieur → émission d’un photon.
💡 Le photon – Nature corpusculaire de la lumière
L’énergie d’un photon de fréquence \( \nu \) est : \[ \boxed{ E_{\text{photon}} = h \nu } \] avec \( h = 6,63 \times 10^{-34} \, \text{J·s} \) (constante de Planck).
📜 Postulats de Bohr (1913)
- 1. L’électron tourne autour du noyau sur des orbites stables sans rayonner d’énergie (contrairement à l’électromagnétisme classique).
- 2. L’atome ne peut exister que dans des états d’énergie bien déterminés (niveaux quantifiés).
- 3. Les variations d’énergie de l’atome sont quantifiées : l’électron ne peut passer d’un niveau à un autre qu’en absorbant ou émettant un photon d’énergie exactement égale à la différence entre les deux niveaux.
- 4. Lors de la transition d’un niveau \( E_p \) (excité) à un niveau \( E_n \) (inférieur, \( p > n \)), l’atome émet un photon de fréquence \( \nu \) vérifiant : \[ \boxed{ E_p – E_n = h \nu } \] (Absorption : \( h\nu = E_p – E_n \) avec \( E_p > E_n \)).
📋 Exemples de transitions dans l’atome d’hydrogène
| Transition | \( \Delta E = E_p – E_n \) (eV) | Domaine spectral | \( \lambda \) (nm) |
|---|---|---|---|
| \( n=2 \to n=1 \) (Lyman-α) | \( -3,40 – (-13,6) = 10,2 \) eV | UV | 121,6 |
| \( n=3 \to n=2 \) (Balmer-α) | \( -1,51 – (-3,40) = 1,89 \) eV | Rouge visible | 656 |
| \( n=4 \to n=2 \) | \( -0,85 – (-3,40) = 2,55 \) eV | Bleu-vert | 486 |
| \( n=5 \to n=3 \) (Paschen) | \( -0,54 – (-1,51) = 0,97 \) eV | IR | ~1280 |
✏️ Exercice d’application – Transition électronique
Un atome d’hydrogène passe du niveau \( n=4 \) au niveau \( n=2 \).
Données : \( E_4 = -0,85 \, \text{eV} \), \( E_2 = -3,40 \, \text{eV} \), \( h = 6,63 \times 10^{-34} \, \text{J·s} \), \( 1 \, \text{eV} = 1,6 \times 10^{-19} \, \text{J} \).
- Calculer l’énergie du photon émis en eV puis en joules.
- Déterminer la fréquence et la longueur d’onde du rayonnement émis. À quel domaine spectral appartient-il ?
🔍 Voir correction
\( \Delta E = 2,55 \times 1,6 \times 10^{-19} = 4,08 \times 10^{-19} \, \text{J} \).
2. \( \nu = \frac{\Delta E}{h} = \frac{4,08 \times 10^{-19}}{6,63 \times 10^{-34}} \approx 6,15 \times 10^{14} \, \text{Hz} \).
\( \lambda = \frac{c}{\nu} = \frac{3,00 \times 10^8}{6,15 \times 10^{14}} \approx 4,88 \times 10^{-7} \, \text{m} = 488 \, \text{nm} \) → lumière bleue-vert (visible).
✔ Transition Balmer-α (raie H\(_\beta\)).
🧠 À retenir
- L’énergie de l’atome est quantifiée : seuls des niveaux discrets sont permis (\( E_n = -E_0 / n^2 \) pour H).
- L’échange d’énergie avec l’extérieur se fait par absorption ou émission de photons.
- Transition entre niveaux : \( \Delta E = |E_p – E_n| = h \nu \).
- Le modèle de Bohr marque la naissance de la mécanique quantique, même s’il a été ensuite remplacé par la théorie plus générale de Schrödinger/Heisenberg.
🌈 III – Spectre d’émission et spectre d’absorption
📡 1) Spectre d’émission de l’atome d’hydrogène
🔬 a) Expérience de Balmer – Série de Balmer (visible)
- 🔴 Rouge : \( \lambda = 656,3 \, \text{nm} \)
- 🔵 Bleue : \( \lambda = 486,1 \, \text{nm} \)
- 🟣 Indigo : \( \lambda = 434,0 \, \text{nm} \)
- 🟣 Violet : \( \lambda = 410,2 \, \text{nm} \)
📖 b) Interprétation quantique (modèle de Bohr)
Lorsqu’ils retournent à un niveau inférieur (\( E_n \)), ils émettent un photon d’énergie : \[ \boxed{ E_p – E_n = h\nu } \]
Avec \( E_n = -\frac{E_0}{n^2} \), \( E_0 = 13,6 \, \text{eV} \), \( p > n \).
📐 Constante de Rydberg – Formule générale
- Série de Lyman : \( n=1 \) (ultraviolet)
- Série de Balmer : \( n=2 \) (visible)
- Série de Paschen : \( n=3 \) (infrarouge)
- Série de Brackett : \( n=4 \) (infrarouge lointain)
🌑 Spectre d’absorption de l’hydrogène
📋 Principales séries de l’hydrogène
| Série | \( n \) (niveau final) | \( p \) (niveau initial) | Domaine |
|---|---|---|---|
| Lyman | 1 | 2,3,4,5,… | Ultraviolet (UV) |
| Balmer | 2 | 3,4,5,6 | Visible (et proche UV) |
| Paschen | 3 | 4,5,6,… | Infrarouge (IR) |
| Brackett | 4 | 5,6,7,… | IR lointain |
✏️ Exercice – Calcul d’une longueur d’onde (série de Balmer)
Calculer la longueur d’onde de la raie \( H_\alpha \) correspondant à la transition \( p=3 \to n=2 \) de l’atome d’hydrogène.
Données : \( R_H = 1,097 \times 10^7 \, \text{m}^{-1} \).
🔍 Voir correction
\( \frac{5}{36} \approx 0,13889 \) ⇒ \( \frac{1}{\lambda} \approx 1,097 \times 10^7 \times 0,13889 \approx 1,523 \times 10^6 \, \text{m}^{-1} \).
\( \lambda = \frac{1}{1,523 \times 10^6} \approx 6,565 \times 10^{-7} \, \text{m} = 656,5 \, \text{nm} \) → raie rouge caractéristique.
🔬 1) Les séries de spectre d’émission de l’atome d’hydrogène
📖 Série de Balmer (visible)
La relation générale (formule de Rydberg) s’écrit : \[ \frac{1}{\lambda_{p \to 2}} = R_H \left( \frac{1}{2^2} – \frac{1}{p^2} \right) \] où \( R_H \approx 1,097 \times 10^7 \, \text{m}^{-1} \) est la constante de Rydberg pour l’hydrogène.
📐 Expression de la longueur d’onde
Pour la série de Balmer, la limite converge vers \( \lambda_{\infty \to 2} = \frac{4}{R_H} \approx 364,7 \, \text{nm} \) (ultraviolet proche).
📊 Calcul des longueurs d’onde (raies visibles)
| Transition \( p \to 2 \) | \( p^2 – 4 \) | \( \lambda = \frac{4p^2}{p^2 – 4} \times \frac{1}{R_H} \) (nm) | Couleur / nom |
|---|---|---|---|
| \( 3 \to 2 \) | \( 9-4=5 \) | \( \lambda = \frac{4\times9}{5} \times 91,18 = \frac{36}{5} \times 91,18 = 7,2 \times 91,18 \approx 656,5 \) | 🔴 Hα (rouge) |
| \( 4 \to 2 \) | \( 16-4=12 \) | \( \lambda = \frac{64}{12} \times 91,18 \approx 5,333 \times 91,18 \approx 486,1 \) | 🔵 Hβ (bleu-vert) |
| \( 5 \to 2 \) | \( 25-4=21 \) | \( \lambda = \frac{100}{21} \times 91,18 \approx 4,7619 \times 91,18 \approx 434,0 \) | 🟣 Hγ (indigo) |
| \( 6 \to 2 \) | \( 36-4=32 \) | \( \lambda = \frac{144}{32} \times 91,18 = 4,5 \times 91,18 \approx 410,2 \) | 🟣 Hδ (violet) |
🌈 Représentation des raies de Balmer (visible)
656 nm
486 nm
434 nm
410 nm
✏️ Exemple de calcul – raie Hα (p=3 → n=2)
Pour \( p=3 \) : \( \frac{4p^2}{p^2-4} = \frac{4 \times 9}{9-4} = \frac{36}{5} = 7,2 \)
\( \frac{1}{R_H} = \frac{1}{1,097 \times 10^7} \approx 9,118 \times 10^{-8} \, \text{m} = 91,18 \, \text{nm} \)
Donc \( \lambda = 7,2 \times 91,18 \approx 656,5 \, \text{nm} \).
✔ On retrouve exactement la raie rouge de l’hydrogène.
📋 Extension : les autres séries de l’hydrogène
| Série | Transition | Domaine | Formule \( 1/\lambda = R_H (1/n^2 – 1/p^2) \) |
|---|---|---|---|
| Lyman | \( p \to 1 \) | Ultraviolet | \( n=1 \) |
| Balmer | \( p \to 2 \) | Visible + UV proche | \( n=2 \) |
| Paschen | \( p \to 3 \) | Infrarouge | \( n=3 \) |
| Brackett | \( p \to 4 \) | Infrarouge lointain | \( n=4 \) |
