Cours : Les oscillations libres dans un circuit RLC série
Les oscillations libres dans un circuit RLC série
1 Décharge d’un condensateur dans une bobine
1.1 Régimes d’oscillations libres dans un circuit RLC série
On réalise le circuit ci-contre. Le condensateur est initialement déchargé. Pour le charger, on met l’interrupteur en position (1).
Lorsque le condensateur est chargé (\(u_C = E = 6\ \mathrm{V}\)), on bascule K vers la position (2) : le condensateur se décharge à travers la bobine et le conducteur ohmique de résistance \(R\).
On prend \(t = 0\) à l’instant du basculement, puis on visualise \(u_C(t)\).
On obtient les courbes suivantes pour différentes valeurs de la résistance totale \(R_T = R + r\) :
Les oscillations sont libres et leur amplitude décroît au cours du temps. Caractérisé par la pseudo-période \(T\) : durée entre deux passages successifs de \(u_C\) par sa valeur maximale.
\(u_C(t)\) ne présente plus d’oscillations et tend lentement vers zéro : l’amortissement est important.
\(u_C(t)\) est alternative, d’amplitude constante. Caractérisé par la période propre \(T_0\).
- Lorsque K est en position (2), on obtient un circuit RLC série.
- Les oscillations sont dites libres car le circuit n’est alimenté par aucune énergie électrique externe.
- Lorsque \(u_C\) diminue, on dit que les oscillations sont amorties.
1.2 Équation différentielle d’un circuit RLC série
D’après la loi d’additivité des tensions : \(u_L + u_R + u_C = 0\)
Avec \(u_L = L\dfrac{di}{dt}+r\,i\), \(u_R = R\,i\), et \(i = \dfrac{dq}{dt} = C\dfrac{du_C}{dt}\) :
L’équation différentielle vérifiée par \(u_C\) en régime libre s’écrit :
Avec \(u_R = Ri\), \(u_L = L\dfrac{di}{dt}+ri\), \(i=\dfrac{dq}{dt}\), \(u_C=\dfrac{q}{C}\) :
2 Oscillations non amorties dans un circuit idéal LC
Association en série d’un condensateur de capacité \(C\) et d’une bobine d’inductance \(L\) de résistance nulle.
2.1 Équation différentielle vérifiée par \(u_C\)
D’après la loi d’additivité des tensions : \(u_L + u_C = 0\)
Avec \(u_L = L\dfrac{di}{dt}\) et \(i=\dfrac{dq}{dt}=C\dfrac{du_C}{dt}\) :
L’équation différentielle vérifiée par \(u_C\) dans un circuit LC idéal s’écrit :
Avec \(u_L = L\dfrac{di}{dt}\), \(i=\dfrac{dq}{dt}\), \(u_C=\dfrac{q}{C}\) :
2.2 Solution de l’équation différentielle
La solution s’écrit sous la forme :
- \(U_m\) : tension maximale aux bornes du condensateur (V)
- \(T_0\) : période propre du circuit LC (s)
- \(\varphi\) : phase à l’origine (rad)
(a) Expression de \(T_0\)
En dérivant deux fois \(u_C(t)\) :
D’où :
Par identification avec l’équation différentielle \(\left(\dfrac{2\pi}{T_0}\right)^2 = \dfrac{1}{LC}\), on obtient :
On a \(u_L = L\dfrac{di}{dt} \Rightarrow L = \dfrac{U\cdot T}{I}\) et \(i = C\dfrac{du_C}{dt} \Rightarrow C = \dfrac{I\cdot T}{U}\)
La période propre \(T_0\) a la dimension d’un temps, exprimée en seconde (s).
(b) Expression de \(U_m\) et \(\varphi\)
On a \(u_C(t) = U_m\cos\!\left(\dfrac{2\pi}{T_0}t+\varphi\right)\) et \(i(t) = C\dfrac{du_C}{dt}\), donc :
Conditions initiales : \(u_C(0) = E\) et \(i(0) = 0\) :
Puisque \(\cos\varphi = \dfrac{E}{U_m} > 0\), alors \(\varphi = 0\) et \(U_m = E\).
D’où l’expression de \(u_C(t)\) :
(c) Expressions de \(q(t)\) et \(i(t)\)
(d) Représentation de \(u_C\) et \(i\) en fonction du temps
On constate que \(u_C\) et \(i\) sont en quadrature de phase : lorsque l’une est minimale ou maximale, l’autre s’annule.
3 Transfert d’énergie entre le condensateur et la bobine
3.1 Énergie totale
Dans un circuit RLC ou LC, l’énergie totale du circuit est :
En dérivant :
Avec \(i = C\dfrac{du_C}{dt} \Rightarrow \dfrac{di}{dt} = C\dfrac{d^2u_C}{dt^2}\) :
D’où la relation générale (✻) :
3.2 Dans un circuit LC idéal
Pour un circuit LC idéal : \(\dfrac{d^2u_C}{dt^2}+\dfrac{1}{LC}u_C = 0\), donc d’après (✻) :
L’énergie totale du circuit reste constante au cours du temps :
(a) Expression de l’énergie totale
alors \(i = 0\), donc \(E_m = 0\) :
alors \(u_C = 0\), donc \(E_e = 0\) :
(b) Représentation de \(E_e\), \(E_m\) et \(E_T\) en fonction du temps
3.3 Dans un circuit RLC
D’après l’équation différentielle : \(\dfrac{d^2u_C}{dt^2}+\dfrac{1}{LC}u_C = -\dfrac{R_T}{L}\dfrac{du_C}{dt}\)
D’après (✻) :
Comme \(i = C\dfrac{du_C}{dt}\) :
L’énergie totale d’un circuit RLC diminue au cours du temps.
- Variation de l’énergie totale entre \(t_1\) et \(t_2\) : \(\Delta E = E_T(t_2) – E_T(t_1)\)
- Énergie dissipée par effet Joule entre \(t_1\) et \(t_2\) : \(E_J = -\Delta E = E_T(t_1) – E_T(t_2)\)
4 Entretien des oscillations
Pour entretenir les oscillations d’un circuit RLC libre, il faut compenser les pertes par effet Joule. On monte en série un générateur délivrant une tension proportionnelle à l’intensité du courant : \(u_G = k\cdot i\).
D’après la loi d’additivité des tensions :
Avec \(u_L = L\dfrac{di}{dt}+r\,i\), \(u_R = R\,i\), \(i = C\dfrac{du_C}{dt}\) :
D’où :
L’équation différentielle vérifiée par \(u_C\) s’écrit :
C’est-à-dire :
