🔌 Dipôle RL
🔌 Dipôle RL | Bobine
Une bobine est un dipôle électrique constitué d’un enroulement d’un fil métallique conducteur (généralement en cuivre) autour d’un cylindre isolant. Le fil est recouvert d’une gaine ou d’un vernis isolant.
Son symbole dans le circuit électrique est :
- \(L\) : inductance de la bobine, son unité est le Henry (H).
- \(r\) : résistance interne de la bobine (en \(\Omega\)).
⚠️ Remarque : Si la résistance interne de la bobine est négligeable (\(r = 0\)) → bobine parfaite. Son symbole devient :
La tension \(u_L\) aux bornes d’une bobine d’inductance \(L\) et de résistance interne \(r\) parcourue par un courant électrique d’intensité \(i\) est donnée par :
La tension est proportionnelle à la dérivée du courant.
La bobine se comporte comme un conducteur ohmique de résistance \(r\).
📌 Montage avec deux lampes identiques L₁ et L₂, bobine (L, r) et résistance R avec R = r
On remarque que la lampe L₂ s’allume avant L₁.
La bobine retarde l’établissement du courant.
On remarque que la lampe L₂ s’éteint avant L₁.
La bobine retarde l’annulation du courant.
💡 Conclusion : La bobine retarde l’établissement et l’annulation du courant électrique dans le circuit. Elle s’oppose aux variations du courant (loi de Lenz).
Le terme \(L \dfrac{di}{dt}\) représente la force électromotrice d’auto-induction qui s’oppose aux variations du courant.
\(u_L(t) = L \dfrac{di}{dt} + r \cdot i\)
⚡ Bobine parfaite (r = 0)\(u_L(t) = L \dfrac{di}{dt}\)
\(u_L(t) = r \cdot i\) (comportement ohmique)
⏱️ InfluenceRetarde l’établissement et l’annulation du courant
- Une bobine s’oppose aux variations du courant qui la traverse.
- Son inductance \(L\) (en Henry) caractérise cette opposition.
- En régime continu (courant constant), la bobine se comporte comme une simple résistance \(r\).
Chapitre 7 — Dipôle RL
❶ La bobine
❶❶ Définition, constitution et symbole
Une bobine (ou inductance) est un dipôle passif constitué d’un enroulement hélicoïdal d’un fil métallique conducteur — généralement du cuivre — autour d’un noyau (cylindre isolant ou ferromagnétique). Le fil est recouvert d’une gaine ou d’un vernis isolant pour éviter les courts-circuits entre les spires.
On distingue deux types :
- Bobine à noyau d’air : inductance plus faible, pertes minimales.
- Bobine à noyau de fer (ferrite) : inductance élevée, utilisée dans les transformateurs et filtres.
Une bobine est modélisée par deux grandeurs physiques :
| Symbole | Nom | Unité | Signification physique |
|---|---|---|---|
| \(L\) | Inductance | Henry (H) | Capacité à stocker de l’énergie magnétique ; liée au nombre de spires et à la géométrie |
| \(r\) | Résistance interne | Ohm (Ω) | Résistance du fil de cuivre — cause des pertes par effet Joule |
Bobine réelle \((L, r)\) : une série de demi-cercles + résistance en série.
Bobine idéale \((r = 0)\) : série de demi-cercles seuls.
❶❷ Tension aux bornes d’une bobine — démonstration
Lorsqu’un courant variable \(i(t)\) traverse une bobine, il crée un flux magnétique variable \(\Phi\) dans le noyau. Par la loi de Faraday, cette variation de flux induit une force électromotrice (f.é.m.) d’auto-induction opposée à la cause qui lui donne naissance (loi de Lenz).
▸ Démonstration
- Si \(r = 0\) (bobine idéale) : \(\displaystyle u_L = L\,\frac{di}{dt}\)
- Si \(i = \text{constante}\) (\(\frac{di}{dt} = 0\)) : \(u_L = r\cdot i\) → la bobine se comporte comme un simple conducteur ohmique de résistance \(r\).
- En régime continu établi (\(t \to \infty\)) : \(u_L = r\cdot I_p\), et si \(r \approx 0\), \(u_L \to 0\).
❶❸ Influence de la bobine sur le courant
Expérience : Deux lampes identiques L₁ et L₂, l’une en série avec une bobine \((L, r)\), l’autre avec un conducteur ohmique \(R = r\), sont branchées en parallèle sur un générateur de tension \(E\).
| Action | Observation | Explication |
|---|---|---|
| Fermeture de K | L₂ s’allume avant L₁ | La bobine s’oppose à l’augmentation rapide de courant (f.é.m. contra-directe) |
| Ouverture de K | L₂ s’éteint avant L₁ | La bobine maintient le courant en restituant son énergie magnétique |
❷ Réponse d’un dipôle RL à un échelon de tension
❷❶ Définitions et montage
Le dipôle RL est l’association en série d’un conducteur ohmique de résistance \(R\) et d’une bobine \((L,\,r)\). La résistance totale du dipôle est :
Le montage comporte une source de tension \(E\), un interrupteur K, une diode de protection D, et le dipôle RL.
- Fermeture de K à \(t = 0\) → le dipôle RL reçoit un échelon montant de tension \(E\) → établissement du courant.
- Ouverture de K à \(t = 0\) → le dipôle RL est court-circuité → échelon descendant → annulation du courant.
❷❷ Réponse à un échelon montant — Établissement du courant
▸ Conditions initiales et loi des mailles
▸ Résolution complète de l’équation différentielle
On substitue \(i = A + Be^{-t/\tau}\) et \(\dfrac{di}{dt} = -\dfrac{B}{\tau}e^{-t/\tau}\) dans l’équation : \[\tau\!\left(-\frac{B}{\tau}e^{-t/\tau}\right) + A + Be^{-t/\tau} = I_p\] \[-Be^{-t/\tau} + A + Be^{-t/\tau} = I_p \quad\Rightarrow\quad A = I_p = \frac{E}{R_T}\] Le terme en \(e^{-t/\tau}\) s’annule pour tout \(t\) : \(\tau\) est libre → on le identifie comme \(\tau = L/R_T\).
▸ Comportement aux limites
| Instant | \(i(t)\) | \(u_R(t)\) | \(u_L(t)\) | Interprétation |
|---|---|---|---|---|
| \(t = 0\) | \(0\) | \(0\) | \(E\) | Tout le voltage est absorbé par la bobine ; le courant ne peut pas sauter |
| \(t = \tau\) | \(0{,}63\,I_p\) | \(0{,}63\,E\cdot\frac{R}{R_T}\) | \(0{,}37\,E\) | Le courant a atteint 63 % de sa valeur finale |
| \(t = 5\tau\) | \(\approx I_p\) | \(\approx E\cdot\frac{R}{R_T}\) | \(\approx 0\) | Régime permanent : courant constant, bobine = résistance \(r\) |
| \(t \to \infty\) | \(I_p = \frac{E}{R_T}\) | \(E\cdot\frac{R}{R_T}\) | \(E\cdot\frac{r}{R_T}\) | État final — courant de plateau |
▸ Courbe de \(i(t)\) — Établissement
❷❸ Réponse à un échelon descendant — Annulation du courant
▸ Mise en équation
▸ Comportement aux limites — Annulation
| Instant | \(i(t)\) | \(u_R(t)\) | \(u_L(t)\) |
|---|---|---|---|
| \(t = 0\) | \(I_0\) | \(E\cdot\frac{R}{R_T}\) | \(-E\cdot\frac{R}{R_T}\) |
| \(t = \tau\) | \(0{,}37\,I_0\) | \(0{,}37\,E\cdot\frac{R}{R_T}\) | \(-0{,}37\,E\cdot\frac{R}{R_T}\) |
| \(t \to \infty\) | \(0\) | \(0\) | \(0\) |
▸ Courbe de \(i(t)\) — Annulation
❷❹ Constante de temps \(\tau\)
▸ Définition
La constante de temps caractérise la rapidité du régime transitoire :
▸ Analyse dimensionnelle
▸ Influence de \(\tau\) sur la durée du régime transitoire
| \(t\) | \(i(t)/I_p\) (montant) | \(i(t)/I_0\) (descendant) |
|---|---|---|
| \(\tau\) | 63,2 % | 36,8 % |
| \(2\tau\) | 86,5 % | 13,5 % |
| \(3\tau\) | 95,0 % | 5,0 % |
| \(4\tau\) | 98,2 % | 1,8 % |
| \(5\tau\) | 99,3 % | 0,7 % |
▸ Détermination graphique de \(\tau\)
| Établissement \(\left[i(t) = I_p(1-e^{-t/\tau})\right]\) | Annulation \(\left[i(t) = I_0\,e^{-t/\tau}\right]\) | |
|---|---|---|
| Méthode 1 | À \(t = \tau\) : \(i = 0{,}63\,I_p\) → lire l’abscisse correspondant à l’ordonnée \(0{,}63\,I_p\) | À \(t = \tau\) : \(i = 0{,}37\,I_0\) → lire l’abscisse correspondant à l’ordonnée \(0{,}37\,I_0\) |
| Méthode 2 | Tracer la tangente en \(t=0\) : elle coupe la droite \(i = I_p\) en \(t = \tau\) | Tracer la tangente en \(t=0\) : elle coupe l’axe des abscisses en \(t = \tau\) |
❷❺ Tableau récapitulatif comparatif
| Grandeur | Établissement (fermeture K) | Annulation (ouverture K) |
|---|---|---|
| Condition initiale | \(i(0) = 0\) | \(i(0) = I_0 = E/R_T\) |
| Équation différentielle | \(\tau\dfrac{di}{dt} + i = I_p\) | \(\tau\dfrac{di}{dt} + i = 0\) |
| Solution \(i(t)\) | \(I_p\!\left(1-e^{-t/\tau}\right)\) | \(I_0\,e^{-t/\tau}\) |
| \(u_R(t)\) | \(E\dfrac{R}{R_T}\!\left(1-e^{-t/\tau}\right)\) | \(E\dfrac{R}{R_T}\,e^{-t/\tau}\) |
| \(u_L(t)\) | \(E\!\left[1-\dfrac{R}{R_T}\!\left(1-e^{-t/\tau}\right)\right]\) | \(-E\dfrac{R}{R_T}\,e^{-t/\tau}\) |
| Valeur à \(t=0\) | \(i=0\), \(u_L=E\) | \(i=I_0\), \(u_L=-E R/R_T\) |
| Valeur à \(t\to\infty\) | \(i=I_p\), \(u_L=Er/R_T\) | \(i=0\), \(u_L=0\) |
| Constante \(\tau\) | \(\tau = \dfrac{L}{R_T} = \dfrac{L}{R+r}\) | |
❸ Énergie emmagasinée dans une bobine
Quand un courant \(i\) circule dans une bobine d’inductance \(L\), un champ magnétique est créé dans le noyau. Ce champ stocke de l’énergie sous forme magnétique, à l’image d’un condensateur qui stocke de l’énergie électrique.
▸ Dérivation
\(E_e\) en Joule (J) · \(L\) en Henry (H) · \(i\) en Ampère (A)
| Moment | Énergie \(E_e\) | Commentaire |
|---|---|---|
| \(t = 0\) | \(0\) | Bobine déchargée, pas de courant |
| \(t = \tau\) | \(\frac{1}{2}L\,(0{,}63\,I_p)^2 \approx 0{,}40\,E_{e,max}\) | 40 % de l’énergie maximale |
| \(t \to \infty\) | \(\dfrac{1}{2}L\,I_p^2 = \dfrac{L\,E^2}{2R_T^2}\) | Énergie maximale stockée |
❹ Exemples numériques résolus
Un dipôle RL est constitué d’une résistance \(R = 100\,\Omega\), d’une bobine d’inductance \(L = 0{,}5\,\text{H}\) et de résistance interne \(r = 20\,\Omega\). On applique un échelon de tension \(E = 12\,\text{V}\) à \(t = 0\).
Calculer : \(R_T\), \(I_p\), \(\tau\), \(i(2\tau)\), et l’énergie finale.
Un oscilloscope montre que le courant dans un circuit RL atteint \(0{,}63 \times I_p = 315\,\text{mA}\) à \(t = 2\,\text{ms}\). La résistance totale est \(R_T = 50\,\Omega\).
Trouver \(\tau\), \(L\), \(I_p\) et \(E\).
Dans le même circuit de l’exemple 1, on ouvre K à \(t = 0\) alors que \(I_0 = 100\,\text{mA}\). Calculer \(i\) et \(u_L\) à \(t = \tau\).
(La bobine restitue son énergie avec une tension négative)
